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Migrations postcoloniales des Juifs du Maroc
Vers Le Canada Et La France
Yolande CohenSeries: Études canadiennes(0)
About
Cet ouvrage rassemble pour la première fois les articles sur l'histoire des migrations juives marocaines publiés par Yolande Cohen et son équipe. Adoptant d'emblée une perspective située, comme émigrante originaire du Maroc, Yolande Cohen présente ici les résultats d'une enquête croisant histoire orale, travail d'archives et dépouillement de journaux.
Cette perspective globale permet de mieux identifier le déracinement du Maroc, la dispersion et l'établissement de ces populations en France et au Canada. Parce que ces migrations ont lieu dans l'après-Shoah et alors que l'empire français se défait en Afrique du Nord, ces populations se retrouvent dans une situation inédite, o l'exil s'impose à elles.
Comment et pourquoi cette population a-t-elle quitté le Maroc pour venir s'établir au Québec ? À l'instar de la population majoritaire francophone du Québec, qui s'affirme comme une société distincte au Canada, cette population à peine établie à Montréal, se distingue aussi de celle qui a tout fait pour l'accueillir, à savoir la population juive principalement ashkénaze et anglophone, en affirmant son attachement au fait français.
La comparaison avec la France permet de mettre en relief les politiques publiques ainsi que les pratiques des organisations juives transnationales mobilisées autour du soutien, de l'accueil et de l'établissement de ces populations anciennement colonisées par la France au Maroc.
L'originalité de notre recherche tient aussi à l'attention spéciale que nous avons accordée aux récits des personnes qui ont migré et à leurs perceptions, qui alimentent une enquête unique sur trois cohortes de migrant.e.s. Leur attachement au Maroc, à la France et à Israël, qui se traduisent par d'incessantes migrations entre ces trois ples, signale l'existence d'un champ migratoire transnational au sein duquel ils et elles pouvaient circuler. C'était il y a plus de 30 ans. J'ai mis longtemps à effectuer une recherche sur ma propre communauté et à utiliser mon expérience comme une compétence ; ce qui aujourd'hui se justifie comme un point de vue situé était considéré, à ce moment-là, comme une attitude déviante. J'avais d'autant plus le sentiment d'être à contre-courant de ce qu'on attendait de moi comme historienne, que j'avais recours à des méthodologies d'histoire orale très peu utilisées, pour ne pas dire critiquées, par mes collègues. C'est pourquoi les premiers moments de mon travail sur les Juifs marocains portent les stigmates du syndrome de l'imposteur, comme si trop de proximité avec son sujet enlevait toute légitimité à mon travail.
Yolande Cohen (Author)
Yolande Cohen est professeure titulaire d'histoire contemporaine à l'Université du Québec à Montréal et membre de la Société royale du Canada. Chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur de France et Chevalière de l'Ordre national du Québec, elle est récipiendaire d'un doctorat honoris causa de l'Université de Montréal et du prix de l'ACFAS André Laurendeau 2024 pour les sciences humaines, les arts et les lettres. Spécialiste de l'histoire des femmes et du genre au XXe siècle, elle a également développé une expertise unique sur l'histoire des migrations juives marocaines dans la période de l'après-Shoah.
Samia Dumais (Contributor)
Samia Dumais est candidate au doctorat en histoire à l'Université Concordia et titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université du Québec à Montréal. Membre du comité éditorial de la revue HistoireEngagée.ca depuis 2023, Samia est archiviste pour l'organisme communautaire afro-féministe Harambec et chercheuse affiliée au Centre d'histoire orale et de récits numérisés.
Linda Guerry (Contributor)
Linda Guerry est historienne, chercheuse associée au Laboratoire de recherche historique Rhne-Alpes (LARHRA) et fell
Cette perspective globale permet de mieux identifier le déracinement du Maroc, la dispersion et l'établissement de ces populations en France et au Canada. Parce que ces migrations ont lieu dans l'après-Shoah et alors que l'empire français se défait en Afrique du Nord, ces populations se retrouvent dans une situation inédite, o l'exil s'impose à elles.
Comment et pourquoi cette population a-t-elle quitté le Maroc pour venir s'établir au Québec ? À l'instar de la population majoritaire francophone du Québec, qui s'affirme comme une société distincte au Canada, cette population à peine établie à Montréal, se distingue aussi de celle qui a tout fait pour l'accueillir, à savoir la population juive principalement ashkénaze et anglophone, en affirmant son attachement au fait français.
La comparaison avec la France permet de mettre en relief les politiques publiques ainsi que les pratiques des organisations juives transnationales mobilisées autour du soutien, de l'accueil et de l'établissement de ces populations anciennement colonisées par la France au Maroc.
L'originalité de notre recherche tient aussi à l'attention spéciale que nous avons accordée aux récits des personnes qui ont migré et à leurs perceptions, qui alimentent une enquête unique sur trois cohortes de migrant.e.s. Leur attachement au Maroc, à la France et à Israël, qui se traduisent par d'incessantes migrations entre ces trois ples, signale l'existence d'un champ migratoire transnational au sein duquel ils et elles pouvaient circuler. C'était il y a plus de 30 ans. J'ai mis longtemps à effectuer une recherche sur ma propre communauté et à utiliser mon expérience comme une compétence ; ce qui aujourd'hui se justifie comme un point de vue situé était considéré, à ce moment-là, comme une attitude déviante. J'avais d'autant plus le sentiment d'être à contre-courant de ce qu'on attendait de moi comme historienne, que j'avais recours à des méthodologies d'histoire orale très peu utilisées, pour ne pas dire critiquées, par mes collègues. C'est pourquoi les premiers moments de mon travail sur les Juifs marocains portent les stigmates du syndrome de l'imposteur, comme si trop de proximité avec son sujet enlevait toute légitimité à mon travail.
Yolande Cohen (Author)
Yolande Cohen est professeure titulaire d'histoire contemporaine à l'Université du Québec à Montréal et membre de la Société royale du Canada. Chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur de France et Chevalière de l'Ordre national du Québec, elle est récipiendaire d'un doctorat honoris causa de l'Université de Montréal et du prix de l'ACFAS André Laurendeau 2024 pour les sciences humaines, les arts et les lettres. Spécialiste de l'histoire des femmes et du genre au XXe siècle, elle a également développé une expertise unique sur l'histoire des migrations juives marocaines dans la période de l'après-Shoah.
Samia Dumais (Contributor)
Samia Dumais est candidate au doctorat en histoire à l'Université Concordia et titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université du Québec à Montréal. Membre du comité éditorial de la revue HistoireEngagée.ca depuis 2023, Samia est archiviste pour l'organisme communautaire afro-féministe Harambec et chercheuse affiliée au Centre d'histoire orale et de récits numérisés.
Linda Guerry (Contributor)
Linda Guerry est historienne, chercheuse associée au Laboratoire de recherche historique Rhne-Alpes (LARHRA) et fell
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- SeriesÉtudes canadiennes